Allaitement au travail : que dit la loi ?

Voici la première partie du dossier Allaitement et retour au travail. Dans celle-ci, je vous parle du contexte légal en France qui vous permet de concilier allaitement et retour au travail. En étant bien renseignée sur vos droits, vous pourrez les expliquer sereinement à votre employeur s’il n’est pas au courant de ce qui est prévu par la loi et le droit du travail.

 

Les dispositions légales

En tant que salariée, une femme peut allaiter son enfant jusqu’au premier anniversaire de son enfant. Pour cela, elle dispose d’une heure de pause par jour, répartie en deux pauses de 30 minutes par demie journée de travail.
Si vous avez la chance de pouvoir allaiter votre bébé directement au travail, un local doit être mis à disposition à cet effet. C’est donc réalisable s’il y a un système de garde d’enfants au sein de votre entreprise, ou si quelqu’un peut vous le ramener par exemple. Celui-ci doit respecter certains points qui sont énumérés à l’article R4152-13 du Code du travail, que vous pouvez lire ici.
En théorie c’est bien gentil, mais en pratique, qui arrive à organiser une tétée à heure régulière et qui ne dure pas plus d’une demie heure, trajet compris s’il faut se déplacer ?
Pour ma part, j’ai expliqué tout cela à mon employeur avant de revenir au travail. Étant donné qu’il n’était pas possible de faire venir mon fils ou le rejoindre, nous avons convenu que je bénéficierais de ces deux demies heures pour tirer mon lait. Tout dépend donc de votre employeur, votre travail, les locaux de l’entreprise… Clairement, on ne nous facilite pas la tâche, mais il y a toujours des solutions. En dernier recours, vous pouvez toujours trouver un endroit discret où tirer votre lait, pendant une pause classique.

La convention collective

Elle n’est pas forcément évidente à consulter parce qu’il faut d’abord savoir où se cache l’exemplaire à disposition dans votre entreprise, puis trouver les articles en rapport avec l’allaitement… Heureusement, j’ai trouvé la solution : le site http://www.maconvention.fr/ met à disposition gratuitement toutes les conventions collectives. Vous pouvez faire une recherche par thématique ou en entrant des mots clés, et directement voir les articles qui vous intéressent.
Dans mon cas, cela m’a permis de savoir que l’heure de pause supplémentaire dédiée à l’allaitement que j’allais prendre n’entraînerait pas de perte de salaire. Si aucune mention n’est faite à cette heure dédiée à l’allaitement, elle n’est malheureusement pas rémunérée.

Comment en parler à son employeur ?

Dans le calme et la bonne humeur 🙂
Si votre interlocuteur est réceptif, parlez-lui de votre souhait de donner ce qu’il y a de meilleur à votre enfant. Les bébés allaités ont tendance à être moins sensibles aux infections, surtout pendant les six premiers mois. Cela peut être un argument, car si votre bébé n’est pas malade, vous serez moins absente !
Ensuite, évidemment, chaque cas est différent. Vous aurez certainement déjà pu prendre la température en voyant la réaction de votre employeur lorsque vous avez annoncé votre grossesse, lorsque vous vous êtes absentée pour les rendez-vous médicaux obligatoires, etc. Si votre interlocuteur n’est pas réceptif, si la relation n’est pas bonne, si vous vous exposez à une incompréhension totale et un refus stricte, il vaut peut-être mieux ne pas en parler et essayer de faire cela discrètement…

 

Dans tous les cas, il faut savoir que c’est tout à fait possible de trouver un terrain d’entente et de tirer son lait au travail sereinement. En effet, il faut le savoir aussi et mon expérience personnelle en atteste : la production de lait est affectée par le stress. Si vous êtes stressée par votre travail, vous tirerez peut-être moins de lait qu’à votre habitude. Allez-y donc sereinement et avec beaucoup de détermination !

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