ARTE diffuse un documentaire sur le lait maternel !

Documentaire ARTE : Le lait maternel - un élixir de santé, réalisé par Marion Schmidt.

Comme je vous l’ai annoncé il y a quelques jours sur la page Facebook d’Allaiter mon Bébé, la chaîne ARTE diffuse un documentaire sur le lait maternel. Réalisé par Marion Schmidt, celui-ci s’intitule : « Le lait maternel – Un élixir de santé ». Il sera diffusé le samedi 13 octobre 2018 à 7h25 mais vous pouvez également le regarder directement sur le site internet d’ARTE. En effet, il est disponible jusqu’au 28 octobre 2018. Si vous arrivez trop tard ou n’avez pas le temps ou la possibilité de regarder le documentaire en entier, pas de panique ! Cet article est là pour ça 😉

Le documentaire Lait maternel – Un élixir de santé, comme son nom l’indique, porte sur les bienfaits du lait maternel. Le propos est vraiment centré sur cette thématique, et on apprend des choses intéressantes sur la composition du lait maternel. L’histoire des lactariums y est également racontée. Tout au long du documentaire, plusieurs rappels sont faits concernant l’adaptation du lait maternel en fonction des besoins de bébé. C’est ce dont je vais vous parler en premier lieu.

 

L’adaptation du lait maternel en fonction des besoins du bébé

Pour ce récapitulatif complet, je vous propose de commencer par quelques informations connues, et qu’il est toujours bon de garder à l’esprit… Étant donné que l’objet du documentaire est la composition du lait maternel, il est effectivement intéressant de rappeler que cette composition est en réalité changeante, en fonction de plusieurs paramètres. Je trouve que cette adaptabilité de la composition du lait maternel est un bon exemple de sa complexité. On comprend bien pourquoi il est impossible à répliquer !

Rappelons d’abord les différentes phases de la production de lait :
1 à 5 jours de bébé : le colostrum est fabriqué, un liquide jaunâtre très concentré, dont quelques gouttes peuvent suffire à rassasier le nourrisson.
6 à 15 jours : on passe à un lait de transition, plus riche en glucides et en graisses.
au delà de 16 jours : augmentation significative de la production, on parle désormais de lait « mature », un lait dont le taux d’anticorps a diminué de 80%.

Ensuite, chaque tétée est un repas complet en trois parties : un lait maternel très aqueux pour désaltérer le bébé, puis un lait plus gras, et pour terminer un lait très riche en lipides pour la satiété. Le lait maternel évolue également pendant la journée. En effet, ses vertus sont stimulantes le matin, et apaisantes le soir. Cela habitue le nourrisson au cycle naturel jour / nuit.

Enfin, des adaptations plus ou moins évidentes sont à signaler :
– la composition du lait maternel est influencée par le climat. Il sera plus désaltérant dans les pays chauds.
– le lait maternel s’adapte aussi au sexe de l’enfant. Il sera plus nourrissant et riche en protéines pour un garçon, et plus abondant pour une fille.
– le lait maternel est influencé par ce que mange la mère. Il y a des changements de goût et d’odeur, qui influent sur les préférences alimentaires futures de l’enfant qui aura découvert toute une palette de goûts en fonction de l’alimentation de la mère (contrairement au lait maternisé qui a toujours le même goût et la même odeur).

Les lactariums

Une partie du documentaire est consacrée aux lactariums : leur histoire, leur fonctionnement, les enjeux qu’ils représentent…

Je ne vous apprends sans doute rien en vous disant que dans les années 1900, les familles aisées se payaient les services d’une nourrice qui était entres autre en charge de l’alimentation du bébé.

Le tout premier lactarium a ouvert en 1909 à Vienne, en Autriche. Au pic de son activité dans les années 1920, il pouvait traiter jusqu’à 40 000 litres de lait par an ! Aujourd’hui, il voit passer entre 2 000 et 3 000 litres par an. Inutile de préciser que l’offre ne couvre pas la demande… Pourtant, le lait maternel est vital pour les bébés qui naissent prématurés.

En France, les chiffres ne sont pas meilleurs, d’où l’importance du don de lait maternel. Malheureusement certaines mamans allaitantes décident de vendre leur lait sur internet plutôt que de le donner aux lactariums. Cela peut être compréhensible s’il n’y a pas de système de collecte et si l’accès au lactarium est compliqué pour elles. En revanche, le lait sera plutôt acheté par des sportifs (musculation) qui veulent booster leurs performances que par des mères qui ne peuvent pas allaiter. Et je ne parle même pas des conditions de conservation de ce lait, s’il passe par un système d’expédition classique…

Aussi, ces chiffres montrent bien à quel point l’allaitement n’est plus la norme… Pourtant, les bienfaits pour la mère qui allaite sont également connus. L’allaitement entraîne une diminution du cancer du sein et de l’ovaire, et immunise contre l’obésité et le diabète.

Au lactarium, le lait est testé pour déceler l’éventuelle présence de bactéries intestinales, puis pasteurisé. Cette stérilisation fait perdre au lait une bonne partie de ses bienfaits, mais très peu de lactariums distribuent du lait non stérilisé. Pour l’anecdote, il y a un pays où rien n’est stérilisé pour garder les propriétés bio-actives indispensables pour les prématurés. Il s’agit de la Norvège (tiens, un pays scandinave, étonnant…).

Composition du lait maternel

On va faire simple en récapitulant ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas…

Voici les effets positifs connus pour les bébés allaités :
– ils souffrent moins de problèmes gastro-intestinaux
– ils bénéficient d’un taux d’infections moins élevé
– ils ont un développement intellectuel favorisé
– ils sont moins sujets à l’asthme et autres problèmes respiratoires
– ils sont protégés contre les maladies métaboliques et auto-immunes
– ils ont un bon développement du microbiote intestinal (l’ensemble des bactéries contenues dans l’intestin) : il est plus riche et plus diversifié

Maintenant, voilà ce que l’on ne sait pas encore :
– comment fonctionnent les composants du lait maternel, comment ils interagissent…
– d’ailleurs tous les composants du lait maternel n’ont pas encore été identifiés
– quelle est la durée idéale d’allaitement

On parle également de deux composants majeurs du lait maternel, qui n’ont pas encore dévoilé tous leurs secrets :
– les oligosaccharides : des glucides très complexes, troisième composant le plus important du lait maternel après les lipides et le lactose, leur concentration est plus élevée que toutes les autres protéines du lait maternel. Le corps médical cherche encore à comprendre leur intérêt pour l’enfant et pour la mère. En effet, ils sont également présents dans le sang de la mère enceinte et dans le cordon ombilical.
– la molécule baptisée « HAMLET » : découverte dans les années 1990, c’est une protéine du lait maternel qui est capable d’éliminer des cellules cancéreuses sans endommager les tissus sains. Après plus de 20 ans de recherche, HAMLET a pu être synthétisée et les essais cliniques peuvent désormais commencer… Affaire à suivre !

 

Pour conclure, on retiendra que les technologies modernes ne permettent pas encore de reproduire le lait maternel à l’identique et qu’il regorge encore de mystères et de bonnes surprises ! Mères allaitantes, vous produisez un liquide très précieux ! Allez voir le documentaire sur le site d’ARTE ! (disponible jusqu’au 28 octobre 2018)

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